Nos fédérations en questions-réponses : Vincent Beaucher joue le jeu
28 juillet 2026
Par Alyssa Landry, stagiaire aux communications
N.D.L.R. : Tout au long de l’été, nous mettons en lumière les bons coups des fédérations de la CSQ. Pour cette édition, nous nous sommes entretenus avec Vincent Beaucher, président de la Fédération de la recherche et de l’enseignement universitaire du Québec (FREUQ-CSQ).
Alyssa Landry (A.L.) : Selon vous, quel a été le meilleur coup de la fédération cette année?
Vincent Beaucher (V.B.) : Nous nous sommes réunis à l’occasion d’un lac-à-l’épaule impliquant les membres de l’exécutif ainsi qu’un membre représentant chaque syndicat affilié. Durant deux jours et demi, nous avons réfléchi à l’orientation de la mission, la vision et les valeurs de la FREUQ, entre autres. L’objectif était de soumettre une proposition à l’ensemble de nos délégués, ce qui a été réalisé au conseil fédéral du mois de juin dernier. Notre fédération étant jeune, cette réflexion devient la pierre angulaire qui guidera nos actions dans l’avenir. C’est un tournant significatif pour notre organisation. Ce lac-à-l’épaule, nous a permis de mieux nous connaître et d’apporter des précisions sur nos idées. De plus, nous avons pu échanger sur nos enjeux qui nous rassemblent et comment nous souhaitons les défendre sur la place publique. Parmi les sujets qui nous préoccupent, je peux mentionner notamment la précarité et l’instabilité des emplois, l’autonomie professionnelle, l’intelligence artificielle et les enjeux psychosociaux.
A.L. : Quelle action de la fédération vous a le plus marqué ?
V.B. : La dernière année en étant une axée sur la réflexion, il n’y a pas eu de grande action particulière. Toutefois, elle était beaucoup plus active en termes de représentation. Nous avons spécialement participé au forum de la CSQ sur l’IA, au congrès de l’Association des retraitées et retraités de l’éducation et des autres services publics du Québec (AREQ-CSQ), au colloque de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), au conseil fédéral de la Fédération du personnel de soutien de l’enseignement supérieur (FPSES-CSQ), pour ne nommer que ceux-là. Nous avons siégé à la Table des partenaires universitaires (TPU) ou à la Table nationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie des réseaux de l’éducation. D’ailleurs, nous avons assisté au tout premier colloque du Comité pour la diversité sexuelle et l’identité de genre (CDSIG) de la CSQ, au printemps. Ces implications démontrent notre volonté de resserrer nos liens avec les autres fédérations de la Central ainsi qu’avec nos partenaires syndicaux et associatifs.
A.L. : Y a-t-il une victoire ou un dossier dont vous êtes particulièrement fier cette année?
V.B. : En juin 2025, nous avons mis à jour nos statuts et règlements, un des objectifs étant d’améliorer notre démocratie interne, afin de la rendre plus vivante et aussi pour amener la fédération à se rapprocher de ses membres. L’année 2025-2026 a servi à appliquer ces nouvelles orientations. Ainsi chaque syndicat a maintenant un représentant au sein de l’exécutif et nous nous sommes assurés que nos délégations aux conseils fédéraux soient désormais paritaires. Nos échanges sont plus riches et reflètent plus concrètement les préoccupations de nos membres. Nous en sommes tous gagnantes et gagnants.
A.L. : Comment la fédération a-t-elle réussi à soutenir ses membres cette année ?
V.B. : Chaque année, la fédération cherche à mettre en valeur ses membres. Il peut s’agir de campagnes publicitaires, comme dans le cadre de la Journée nationale des chargées ou chargé de cours à l’intention du Syndicat des chargées et chargés de cours de l’Université de Sherbrooke (SCCCUS-CSQ), ou encore à l’occasion du Gala de reconnaissance mis sur pied pat le Syndicat des professionnelles et professionnels de recherche de l’Université Laval (SPPRUL-CSQ). Nous soutenons également la publication de communiqués par nos affiliés, par exemple lors des négociations ardues du Syndicat des responsables de formation pratique de l’Université Laval (SRFPUL-CSQ). Sinon, en collaboration avec la CSQ, la FREUQ soutient financièrement plusieurs activités locales afin de favoriser la vie associative des syndicats affiliés.
A.L. : Avez-vous d’autres exemples de collaborations pour la FREUQ cette année ?
V.B. : À différents moments au cours de l’année, la FREUQ a été partie prenante de rencontres ou de communications à l’intention du gouvernement, du public ou d’autres institutions. Particulièrement, en novembre dernier, la FREUQ a participé avec les fédérations de l’enseignement supérieur de la CSQ à une rencontre avec la ministre de l’Enseignement supérieur, Martine Biron. Ce fut l’occasion de lui faire connaître nos préoccupations dans le contexte des compressions budgétaires dans nos réseaux. La FREUQ a également été signataire d’un communiqué de la CSQ à propos du projet de la loi nº9 (Loi sur le renforcement de la laïcité au Québec). De plus, nous avons collaboré à la rédaction d’un mémoire sur l’enseignement supérieur à la demande du Conseil supérieur de l’éducation.
Au printemps, la fédération s’est montrée solidaire des collègues de la Fédération du sport et de l’action communautaire (FSAC-CSQ) en émettant un communiqué dans le contexte de la grève des organismes communautaires. Nous avons bien sûr été solidaires de nos collègues du Syndicat national des stagiaires en éducation (SNSE-CSQ) lors de manifestations pour mettre en valeur l’importance de la salarisation des stagiaires. Il est intéressant de souligner que nous avons participé à la grande manifestation nationale intersyndicale du 29 novembre et aux rencontres des États généraux du syndicalisme.
A.L. : Quel message voudriez-vous laisser à vos membres en lien avec l’année écoulé?
V.B. : J’aimerais leur dire que cette dernière année a été importante pour notre fédération, parce que nous avons posé les jalons pour préparer l’avenir à court, moyen et long terme. Nous nous sommes donnés les moyens pour céder la parole à nos membres ainsi que pour défendre nos valeurs et les intérêts professionnels qui nous tiennent à cœur. Le travail accompli au cours de la prochaine année va permettre d’accorder à la FREUQ un nouveau souffle et la rendre plus mature.
A.L. : Quels objectifs visez-vous pour la prochaine année ?
V.B. : Nous serons plus présents sur les médias sociaux, pour que nos membres soient, par le fait même, plus visibles. En effet, les professions qu’ils occupent et le travail qu’ils accomplissent dans les établissements sont mal connus, souvent exercés dans l’ombre. Nous avons l’intention de corriger cette situation. À moyen terme, notre but est de faire de notre fédération un interlocuteur reconnu lorsqu’il est question d’enjeu concernant l’enseignement supérieur. La FREUQ a beaucoup à dire sur le sujet et nous entendons prendre la place qui nous revient pour nous exprimer au nom de nos membres afin de défendre leurs intérêts.