Le SRFPUL-CSQ dénonce le double discours de l’Université Laval
29 janvier 2026
Alors que l’Université Laval se vante d’être l’un des meilleurs employeurs au Canada, le Syndicat des responsables de formation pratique de l’Université Laval (SRFPUL-CSQ) déplore son faible engagement dans le processus de conciliation en cours visant à dénouer l’impasse dans les négociations.
Le SRFPUL-CSQ représente les responsables de formation pratique (RFP) et les chargées et chargés d’enseignement en médecine (CEM), laissés sans contrat de travail depuis le 1er décembre 2023.
Une conciliation qui démontre l’écart entre le discours et les actes
Face à l’impasse qui perdure, le SRFPUL-CSQ a demandé en novembre l’intervention d’un conciliateur. Deux journées et demie de travail se sont tenues à la mi-janvier. Pourtant, malgré cette occasion concrète de faire avancer les négociations, l’employeur a choisi d’adopter une attitude autoritaire, menaçante et fermée aux propositions, refusant de s’engager dans le processus.
« Se dire le meilleur employeur dans les médias, c’est une chose, mais être un employeur responsable, ouvert et respectueux à la table de négociation, c’en est une autre. Jusqu’ici, l’Université Laval échoue à ce test de cohérence », affirme la présidente du SRFPUL-CSQ, Isabelle Vincent.
Une nouvelle rencontre de conciliation est prévue le 11 février. Pour le SRFPUL-CSQ, il s’agit d’un moment décisif : soit l’Université Laval choisit enfin la voie du respect, soit elle confirme le fossé entre son discours et ses pratiques.
Le cœur du litige : mettre fin à la précarité et reconnaître enfin la formation pratique comme un pilier incontournable d’une diplomation de qualité
Les membres du SRFPUL-CSQ demandent une chose simple et essentielle : que l’Université Laval reconnaisse la formation pratique comme un élément clé de la qualité de la formation universitaire et fasse refléter cette importance dans les conditions de travail offertes à son personnel enseignant.
Dans un contexte où l’Université Laval a choisi de privilégier l’approche programme axée sur le développement des compétences pratiques et le raisonnement clinique, elle priorise plutôt, à travers la présente négociation, une augmentation de la précarité chez les personnes chargées de la formation pratique au quotidien. Pourtant, leurs liens étroits avec les milieux professionnels et la montée de l’intelligence artificielle exigent la mobilisation de leur expertise au profit de la stabilité et de la cohérence des programmes de formation.
Prêcher l’excellence et agir autrement
L’employeur souhaite affaiblir les rares clauses actuelles assurant un minimum de stabilité d’emploi. Il maintient aussi son intention de confier des tâches de formation pratique à des personnes non syndiquées, de passage, sans vision d’ensemble du programme de formation.
« Valoriser la formation pratique, ce n’est pas distribuer des fragments de tâches à des personnes de passage. C’est mettre en place des conditions favorables au développement de compétences complexes et essentielles chez les personnes étudiantes. Pour nous, ces conditions favorables requièrent de la stabilité au sein des équipes de formation et l’expertise des personnes responsables de la formation pratique. On ne peut se dire un employeur modèle et saper la qualité de la formation ainsi que fragiliser les équipes qui en assurent la cohérence », ajoute la présidente, madame Vincent.